Coaching versus consulting

« Coach », « coaching » : des mots à la mode, pour le meilleur et pour le pire. Alors que beaucoup de personnes s’improvisent « coach », petite mise au point entre coaching et consulting… 

« Coach sportif », « coach alimentation », « coach agile », « love coach », « coach de couple », « coach de running »… Que remarquez-vous ? Toutes ces expressions accolent un épithète qualifiant le mot « coach » : je suis coach de/en « quelque chose ». Logique, ces coachs de/en « … » sont des entraineurs ou des motivateurs : ils utilisent les compétences acquises dans un domaine (sport, nutrition, etc.).

Pour Le Larousse, le coach est un « entraineur d’une équipe, d’un sportif de haut niveau » OU un « conseiller professionnel qui cherche à développer les performances d’un salarié, d’un acteur, d’un chef d’entreprise, etc. » Selon cette définition, le coach serait donc un consultant qui utilise des compétences acquises dans une spécialité pour les transmettre à ses clients.

Un mélange des genres 

Pour autant, un entraineur n’est pas un coach et réciproquement. Les mots ont un sens. Et sous les mots, des métiers, des pratiques, des activités humaines. L’entraineur conseille, motive, entraine : il est l’expert d’un contenu particulier (badminton, course à pied, cuisine, etc.). Le coach, lui, est un expert de la relation humaine : il accompagne la partie la plus adulte de son client à trouver par lui-même les solutions pour atteindre un objectif qu’il s’est fixé. Peu importe le contenu. Car, l’expert du contenu, celui qui sait ce qu’il veut, c’est le client ! D’ailleurs, qui sait mieux que vous ce que vous voulez faire ? Vous êtes l’expert de votre vie.

Consulting n’est pas coaching

Pourquoi ce mélange des genres ? Voici quelques hypothèses (pouvant s’additionner) :

  • l’individualisation de la société, le chômage de masse, le néolibéralisme poussent (ou forcent ?) chacun à se prendre en charge : mais, comment fais-je pour me prendre en charge ?! ;
  • l’émergence des coachs « en tous genres » dans les médias (télé, radio, presse, web…) comme autant d’experts ayant un avis et donnant des conseils ;
  • être « coach », c’est mieux qu’ « entraineur » (Ça l’fait !) ;
  • se dire « coach », c’est surfer sur une tendance qui fait vendre…

Du coup, entre « coaching » et « consulting », la frontière s’est réduite à l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette (c’est dire…). Alors que  « les conseilleurs ne sont pas les payeurs », le coaching propose au client de prendre la responsabilité de ses actes : être coaché rime parfois avec inconfort, car on se confronte au changement, à l’inconnu, à son désir, à ses limites, à ses incohérences, au fait de ne pas vouloir être responsable…

Pour le dire autrement, je ne peux pas en vouloir à mon coach (que j’engage) puisque c’est moi qui met en œuvre des solutions que j’ai choisies. De surcroît, je le paie pour me dédouaner de son accompagnement… Je suis maître à bord et être capitaine de sa vie implique des responsabilités. Bienvenue dans la réalité !

Laissez croire que coaching = training = consulting, c’est – au mieux – manquer de déontologie, au pire porter atteinte à une profession passionnante, humainement enrichissante, porteuse de sens, révélatrice d’énergie, d’écologie de vie, de mouvement et de changement.

 

 

 

 

 

 

 

 

2018-10-29T08:55:11+00:00

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