Aujourd’hui, le management à l’objectif suffit-il pour inciter vos collaborateurs à renouer avec la performance ? Ma réponse est… Non. Car l’environnement économique, social, sociétal, écologique a profondément évolué ces dernières années, amplifié par la crise sanitaire actuelle et ses multiples rebondissements…

Voici une liste non exhaustive des changements en cours (à vous d’en ajouter !) :

  • le télétravail complexifie la vie sociale dans les entreprises et rend difficile la motivation individuelle et collective, professionnelle comme personnelle (l’une ayant des répercussions sur l’autre, vice et versa) ;
  • la méfiance – voire la défiance – à l’égard de la hiérarchie (comme à toute forme d’autorité d’ailleurs), s’accroît et est amplifiée par les réseaux sociaux qui engendrent de facto une communication plus transversale  ;
  • les générations Y et Z veulent donner plus de sens à leur travail…

Mais encore ?

  • Plus globalement, les corps et les esprits sont fatigués par une situation sanitaire dont personne ne voit (encore) le bout du tunnel ;
  • les crises sociales qui agitent beaucoup de pays – ici les « gilets jaunes » comme la partie émergée d’un malaise social abyssal – créent de l’inquiétude ;
  • La difficulté de proposer un projet collectif dans un monde globalisé fragilise les nations ;
  • Les conséquences écologiques créées par l’activité humaine donnent l’impression d’une fuite en avant effrénée…

Où est passée la confiance ?

Dans cet environnement morose, la solitude ordinaire guette chacun, replié sur ses peurs et l’immédiateté des nouvelles, plus les désinformations propagées par les réseaux sociaux.

Le contexte anxiogène favorise les pensées négatives, les comportements inadaptés, les émotions paralysantes, etc. Et le sentiment que – finalement – je ne peux compter que sur moi-même (ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle en soi !)…

Comme des vases communicants, cette situation resurgit immanquablement dans l’entreprise, sur les collaborateurs et les managers. La confiance, si indispensable aux affaires, s’est érodée. Comment pourrait-il en être autrement ?

Or, si je crois ou si je veux compter sur moi-même, la capacité à mieux me connaître, à identifier mes émotions, à les réguler, à comprendre mes propres motivations, à y puiser de l’énergie vitale demeure un élément clé pour mieux vivre, mieux travailler, mieux être tout simplement.

Les neurosciences nous éclairent

Depuis environ 20 ans (une goutte d’eau comparée à notre présence sur la Terre !) les sciences cognitives, les sciences comportementales et surtout les neurosciences nous éclairent sur la manière dont se forment nos motivations. Il est aujourd’hui possible d’identifier celles-ci et surtout de comprendre lesquelles sont pérennes (source d’énergie quasi inépuisable) des motivations fluctuantes (car conditionnelles ou velléitaire). Une aubaine pour utiliser ses propres ressorts motivationnels afin de mener sa vie, non ? Une opportunité également pour le travail en groupe quand il s’agit de constituer une équipe où chacun trouve sa place, selon sa personnalité…

En outre, les motivations se partagent ! Votre capacité de manager à comprendre les motivations de vos collaborateurs (et à partager les vôtres) favorise la dynamique de groupe, l’entente, la cohésion pour faire face, ensemble, à de situations complexes.

Management motivationnel et à l’objectif

Il est temps d’adosser le management motivationnel au management à l’objectif. Celui qui permet à chacun de mieux considérer (c’est-à-dire prendre en considération) ses propres émotions et motivations, comme celles des autres.

Se connaître soi-même afin de travail ensemble plus efficacement, et dans la bonne humeur.

Utopique ? Non. Juste reconsidérer chacun comme « partie prenante » à l’effort commun. Reconnaître chaque personnalité pour ce qu’elle est : un être complexe, à part et semblable aux autres, mû par des motivations propres et des émotions partagées…